C’était l’heure de la sieste

La clim’ avait cessé de fonctionner depuis belle lurette. On n’avait pas voulu croire que plus on l’utiliserait, plus on réchaufferait l’atmosphère. Et tel le serpent qui se mord la queue, plus on avait chaud, plus on sautait sur la première occasion pour s’offrir un petit moment égoïste de fraicheur. Continuer la lecture de « C’était l’heure de la sieste »

La ceinture

J’ouvre une fenêtre et passe ma tête à l’extérieur afin d’humer un peu d’air frais.
Au loin, des hurlements de gamins témoignent de la tenue d’un match de football auquel mon frangin participe sans doute avec ses potes Hicham et Arslan. Continuer la lecture de « La ceinture »

Overdose de Bourbon

Dehors les frimas de février 1848 ne suffisaient pas à refroidir les ardeurs révolutionnaires. Déjà en janvier Tocqueville avait mis en garde les députés  » Est-ce que vous ne sentez pas… que dirais-je ? un vent de révolution qui est dans l’air ? ». Continuer la lecture de « Overdose de Bourbon »

Victoire à la Pyrus

Le petit monde des sélectionneurs de poiriers était en ébullition. On venait de trouver, pendu sous un poirier de plein vent, au fond de son jardin, Monsieur Louis, l’obtenteur vedette de la maison Guillaume. Continuer la lecture de « Victoire à la Pyrus »

Mauvaise passe pour Madame Crassane

– Non, Madame, ça n’est pas une erreur médicale de ma part ! C’est vous qui aviez voulu une forme « en poire » pour vos prothèses mammaires. Continuer la lecture de « Mauvaise passe pour Madame Crassane »

Destin de poire

Bébé, on m’embastilla dans un bocal à long cou. Mes sœurs ironisaient. Libres, leurs formes pulpeuses dansaient dans le vent taquin. Elles se la fendaient à s’en faire péter la sous-ventrière. Elles étalaient leurs charmes sans pudeur et sans vergogne. Continuer la lecture de « Destin de poire »

Faut pas m’la faire

Désormais, je suis rangé des voitures. Avant… J’ai eu une vie plutôt dissolue. Violente. Après les foyers, les familles d’accueil, les centres de rétention pour mineurs, ça a été les maisons d’arrêts, puis les centres de détention. Continuer la lecture de « Faut pas m’la faire »

Patronymes et coïncidences

L’averse nocturne inonde les trottoirs. Immeubles haussmannien, beau quartier. Des apparts à 800 000 boules. Un homme vêtu d’un pardessus insère un passe-partout de postier dans la fente sous un digicode et pénètre dans un hall. Continuer la lecture de « Patronymes et coïncidences »

Farmer

Engoncé dans sa salopette verte, visage fermé au-dessus du col roulé, le fermier s’avança dans le champ, enfonçant ses bottes dans la gadoue. Le représentant de l’organisme certificateur indépendant le suivit inconsidérément, avec l’assurance de celui qui a toute la communauté européenne derrière lui. Continuer la lecture de « Farmer »