Ouverture culturelle

Au centre de la pelouse enneigée, les silhouettes vêtues d’orange sont agglutinées dans une mêlée furieuse.
Dans le buisson de bras et de jambes, les dents se plantent dans les mollets, déchirent les joues. Les doigts s’enfoncent dans les orbites. Cris de rage. Une femme saute à pieds joints sur la poitrine de sa meilleure amie. Une oreille vole, laisse une traînée écarlate sur le blanc immaculé. Craquement sinistre d’une nuque brisée. Un hurlement vrille les tympans des infirmiers se précipitant vers les corps enchevêtrés. Hagard, un homme s’extrait du groupe, deux cavités ensanglantées à la place des yeux. Un nain obèse jaillit et le jette à terre, le bourre de coups de poing, se démolit les phalanges sur la mâchoire fracassée. Un infirmier plaque le nain, enserre ses poignets et ses jambes avec des liens plastiques, se relève, assomme le clone hystérique d’Albert Einstein. Un taser grésille. Sifflement d’une lacrymo. Un infirmier appelle à l’aide, essaie d’agripper la harpie accrochée à son dos. Hurle quand elle arrache en riant une poignée de ses cheveux. Il se retourne et balance un uppercut qui la sèche sur place.
En quelques instants, le groupe est maîtrisé. Les uns gémissent, d’autres crient, beaucoup sourient. Allongés sur la neige couverte de sang.
Sans doute deux morts. Voire trois.
Le médecin psychiatre qui a autorisé la diffusion de l’intégrale « Tarantino» dans l’Unité des schizophrènes paranoïaques impulsifs et dangereux va se faire taper sur les doigts.

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